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Sofia : jamais sans ma fille…chapitre 2/3

Dans l’épisode précédent Chapitre 1/3  Sofia* décide de se lancer, seule, dans l’adoption d’une petite fille. Ses démarches rocambolesques et non sans embûche, la mènent en Tunisie.

Continuons donc notre récit..

Direction l’orphelinat tunisien…

La commission est prévue pour Janvier 2018. Hasard de la vie (ou pas…), Sofia avait retrouvé quelques semaines auparavant une amie tunisienne de longue date perdue de vue,  qui s’avère connaître la femme du directeur. Merci Facebook. « Là haut, il voulait absolument que j’adopte et que je rencontre ma fille. On a mis des personnes dans mon parcours d’adoption. Y a pas de hasard ! »me susurre-t-elle amusée…Elle obtient donc, grâce à elle, un entretien téléphonique avec le directeur, passe en commission, et son dossier…est refusé.

Re-fu-sé. Sofia est sonnée, impossible de l’envisager. On lui avait dit le contraire ! On lui avait dit qu’elle pourrait malgré son statut de mère célibataire !! « Votre dossier est très bon madame mais vous savez, il y a plein de familles qui sont demandeuses en ce moment…Vous comprenez bien qu’ils ont la priorité sur vous ».

Non elle ne comprend pas. Elle ne comprend pas et, de nouveau, elle continue le combat mais pour ça, il faut qu’elle soit vraiment là-bas. Son avocat lui suggère alors d’envisager d’adopter ce qu’on appelle un « enfant à particularité » (avec problèmes de santé) ou un enfant «  »de couleur » (« malheureusement, les enfants noirs notamment, sont peu acceptés en Tunisie où le racisme sévit » m’avouera Sofia)

Là voilà en février 2018 qui déboule dans le bureau du directeur de l’orphelinat adossé à son bras droit. Ils sont d’accord pour envisager ces deux options là, pour la simple et « bonne » raison qu’elle n’est pas vraiment célibataire, mais qu’elle est divorcée. Et étonnamment, ça semble plus toléré… Sofia aimerait simplement que sa (future) fille ait moins de 2 ans et que, si elle a un problème mineur de santé, son dossier médical lui soit confié, pour qu’elle puisse calmement l’étudier.

L’espoir renaît…

Puis une période de montagnes russes apparaît. Entre février et avril, deux petites filles lui seront « proposées ». La première a 5 ans. Un peu grand, mais Sofia, après réflexion, se dit que pourquoi pas…Mais il s’avère que son papa, en fuite en Libye, a été identifié, donc il pourrait à tout moment vouloir la récupérer, et c’est un cas que la France ne peut accepter. Pour Sofia, premier soufflet, premier cœur brisé.

Puis une deuxième petite fille pointe le bout de son nez. Elle a moins de deux ans et un souci au cœur. Dossier médical envoyé, problème étudié, un professeur en cardiologie à l’Hôpital Necker a même approuvé. Tout est OK. Sofia se voit déjà adopter… »Quand puis-je la rencontrer ? »mais un retour du service juridique assène un deuxième coup de soufflet. « Désolée, cette petite fille n’est finalement pas adoptable. »

Prête à tout…

Cette fois-ci, Sofia craque. Ces ascenseurs émotionnels, elle n’en peut plus. Alors elle décide de passer aux choses sérieuses. « Je m’en fiche, j’écris au Président de la République tunisienne, je l’aurai !  » Ses parents la raisonnent, lui suggérant de « commencer par » le Ministre des Affaires sociales. Aidée par son culot, sa ténacité et sa volonté de fer, elle contacte le cabinet. « Je veux rencontrer Monsieur le Ministre, lui dire que je veux rendre heureuse une petite fille tunisienne, lui exposer à quel point je suis attachée à mes racines « explique-t-elle. Mais elle reçoit un premier refus.

Nous l’aurons compris à ce stade de l’histoire, rien (ou presque) n’arrête Sofia. Ce « non » ne la contente pas. Elle insiste une énième fois…et décide de prendre quelques jours de vacances en Malaisie, histoire de pfff…hein… pause…voilà quoi…

L’email qui change tout…

Puis un beau jour, à 8h du matin, elle ouvre un oeil malaisien et lit, encore toute endormie, que pour la rencontre avec le ministre…c’est oui ! Rendez-vous pris le 20 avril 2018 à 8h00 sonnantes et trébuchantes. Apeurée, terrifiée, surexcitée, hallucinée, motivée et très très TRES préparée, elle se rend, accompagnée, au cabinet. Elle, son amie, ses fiches griffonnées et son arabe imparfait, sont reçus comme des reines…Elle est agréablement surprise de voir que sa requête a été très sérieusement considérée. La preuve ? Même le directeur de l’orphelinat est là. Elle réexplique longuement son projet et la séance se clôt par un sobre et pragmatique : « OK. Merci de traiter le dossier au plus vite, trouvez lui un enfant ». Sofia a beaucoup de chance, elle est tombée sur un ministre qui est contre le kafala. Autant vous dire que le directeur de l’orphelinat, qui visiblement n’était pas vraiment prêt à aider Sofia, en reste coi.

Ma petite fille, te voilà…

En juin elle est là…Elle s’appelle Ismahan*, elle a 16 mois, et semble avoir un léger retard de croissance. Sofia semble un peu embêtée mais, suite à un avis médical, elle n’est pas découragée. Mais elle fait l’erreur, avec l’intitulé du diagnostic, d’aller, sur internet, farfouiller. Grave bévue s’il en est. Elle est prête à tout arrêter. Mais le hasard n’en a pas tout à fait fini avec elle. La fille de son amie a fait son stage de fin d’études dans l’institut où Ismahan se situe. Elle se propose donc d’aller rencontrer la petite fille et de donner à Sofia son avis. Après quelques tests rapides, son retour est sans appel : « Elle n’a rien, tout va bien ! Elle a juste besoin de quitter cet institut au plus tôt, dans lequel elle n’est pas bien. Fais vite avant qu’on ne s’aperçoive qu’elle est tout à fait « normale » et que quelqu’un d’autre l’adopte ! »

Alors, notre maman courage décide d’y aller pendant ses vacances. Nous sommes le 16 juillet 2018. Sofia rencontre sa fille pour la première fois.

 

« Je m’en souviendrai toute ma vie. C’est elle. Tout le monde le dit mais c’est vrai ! Vous connaissez cette chanson de Cabrel « Mademoiselle l’aventure » qui dit – c’est pas un hasard, c’est une rencontre, c’est un rendez-vous…- ? Et bien c’était ça » 

« Au début, elle n’a pas voulu venir dans mes bras » se souvient-elle. Puis elle l’a longuement regardée, et s’est finalement décidée. Elles ne se sont pas quittées de la matinée. Le lendemain, Sofia revient, mais elle sent poindre le danger. Surtout ne pas s’attacher. Alors elle se fait violence, se retient de ne pas revenir. Tant que le juge n’a pas donné son go  pour l’adoption par maman solo, autant s’épargner le yoyo.

 

*Prénoms modifiés

 

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