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Feminists of Paris : le Pari(s) des visites guidées au féminin

Nous étions un samedi de début juin. Un samedi en crise féroce de bipolarité où soleil et pluie ne cessaient de se chamailler. Mais c’était aussi un samedi de découvertes et de nouvelles idées. Un samedi où l’on sait qu’on sortira de cette journée plus éveillés. Et notre meneuse de jeu ce jour là, c’était Cécile. Petite brune lumineuse au pull, au sac et aux yeux bleus roi. Souriante et douce, pendant près de deux heures, elle nous a guidés sur les traces de sorcières. Mais peut-être pas celles que vous croyez !

Nous voilà donc, petite audience attentive, sage et motivée d’une dizaine de vaillants et vaillantes, à déjouer les gouttes au coeur du quartier du Panthéon, arpentant les rues et écoutant assidûment l’histoire de « ces femmes puissantes – politiques, reines, actrices, écrivaines – qui, depuis le Moyen-Age, se sont vu interdire l’accès à des positions de pouvoir, d’influence et de gloire,  qui ont été inculpées de sorcellerie, d’hérésie, qui ont été invisibilisées » comme le décrivent les fondatrices. Chasse aux sorcières, nous voilà !

Loin de moi l’idée de vous dévoiler le contenu de cette visite aussi instructive que surprenante que je vous invite à aller découvrir, mais parce que c’est vous, sachez qu’au menu il y a de la torture, de l’amour, du prix Nobel, de l’héroïsme…et plus si affinités ;-)

En revanche, j’ai voulu cuisiner un peu notre guide sur ce joli projet qui répond au nom éloquent de Feminists of Paris.

Feminists of Paris ! C’est partiiiiii !

Bonjour Cécile, peux-tu me décrire en quelques mots ton projet ?

Feminists of Paris, c’est une petite entreprise montée avec Julie, une camarade de classe. Tout est parti d’un projet entrepreneurial dans un cours à Sciences Po. On avait 12 semaines pour réaliser un projet et on avait envie de promouvoir le féminisme. On a donc eu l’idée de créer une visite de Paris sur le thème du féminisme. La première visite qu’on a créée, c’était Street Art et Féminisme à la Butte aux Cailles, qui parle des artistes féministes, de leurs oeuvres, mais aussi de sujets militants qu’ils ou elles défendent à travers leur art. Depuis, on a créé quatre nouvelles visites et aujourd’hui, nous avions le plaisir de vous accueillir pour le lancement de notre petite dernière « La Chasse aux Sorcières, les femmes puissantes de Paris » 

Ce projet en trois mots c’est : Démystifier, féminisme et culture !

https://www.instagram.com/p/BydB4aRAhvN/?utm_source=ig_web_copy_link

Tu peux nous en dire un peu plus sur ton parcours ?

Je m’appelle Cécile Fara, j’ai 23 ans, bientôt 24 (rires) et je suis étudiante à Sciences Po. Je suis en Master d’affaires publiques et vais normalement terminer mes études en Juin 2020. J’ai vécu 2 ans à Nancy, puis 2 ans à Londres pour mes études. Et en fait, en revenant de Londres pour Paris , j’ai réalisé qu’en France, il y avait une sorte d’incompréhension du féminisme et même une forme de haine envers le mot même du féminisme. C’est quelque chose qui m’a beaucoup bouleversée en tant que personne et en tant que féministe, donc j’avais envie de travailler sur la démystification du terme. Ces visites sont venues à point nommé ! S’il y a vraiment quelque chose qui me stimule chaque jour, c’est de permettre à des personnes féministes (ou non) d’en parler librement, d’en apprendre plus et de se sentir écouter et comprises.

Premiers mots du lancement de cette nouvelle visite sur les pas de nos sorcières bien aimées !

Peux-tu me donner un peu le profil de vos visiteurs/euses ?

Oui, on arrive à en savoir un peu plus maintenant qu’on a déjà eu 1500 participants et participantes sur nos visites. On a environ 80% de femmes et 20% d’hommes. (ndlr : le jour de la visite, il y avait 2 hommes pour 6 femmes) . J’avoue que la plupart des hommes qui viennent sont accompagnants, mais beaucoup ont compris énormément de choses sur le féminisme. Pour ça, notre méthode est simple : on essaye de travailler surtout sur des anecdotes sur lesquelles tout le monde peut se retrouver. Par exemple, dans notre visite sur le Street Art, on parle des talons hauts, qui font partie de l' »uniforme »qui peut être imposé aux femmes alors que pour certaines, c’est vraiment difficile de porter des talons ! Et ça, je sais que c’est vraiment une anecdote qui fait réagir les hommes ! Ils comprennent que c’est compliqué de porter des talons à longueur de journée. Bonjour souffrance. (rires)  Je pense que c’est vraiment en parlant de manière factuelle et anecdotique qu’on peut atteindre un maximum de personnes.

J’ai vu que les visites sont également en anglais ?

Oui, dans nos groupes, on a à la fois des touristes et des locaux parce qu’on fait les visites en français et en anglais effectivement. Et je dirais que dans les visites en anglais, les échanges sont encore plus enrichissants parce qu’on a des personnes qui viennent des quatre coins du monde et qui partagent leur histoire personnelle. On a eu des personnes qui venaient de Chine, de Russie, des Etats Unis. Toute cette pluralité d’expériences, c’est génial !

En route, vers le prochain spot de découverte des sorcières de notre histoire commune

Jusqu’à maintenant, quelles sont les principales réactions que tu as eues sur ces visites ?

En général, les personnes sont assez enthousiastes mais c’est vrai qu’il y a une pluralité de féminismes. Nous par exemple, on se revendique d’un certain féminisme qui est le féminisme intersectionnel : on considère qu’il y a une intersection entre les diverses luttes, à savoir que quand on est une femme noire et lesbienne, on est plus désavantagée que quand on est une femme blanche et hétérosexuelle. Or certaines personnes ne peuvent pas vraiment se retrouver dans cette idée. Il y a aussi des personnes qui considèrent qu’on n’est pas forcément assez militantes, qui favoriseraient la non mixité au sein des groupes de visites. Ce qu’on ne veut surtout pas faire parce qu’on veut toucher les hommes aussi ! On veut toucher les personnes de tous les genres. Ceci étant dit, ce n’est pas forcément une mauvaise idée de parler de non mixité. Il y a certains contextes où c’est nécessaire pour pouvoir vraiment se retrouver sur certaines problématiques qui nous parlent, sur des sujets plus intimes, mais nous, ici, on n’a pas forcément pour objectif que les personnes parlent de choses intimes. Et puis il y a des personnes qui s’ouvrent beaucoup , des personnes qui nous ont dit « je me sens comprise maintenant », et ça c’est très important ! Il y a même des personnes qui nous ont dit « je suis féministe sans le savoir ! » (rires) Ça, pour nous, c’est la plus belle des victoires en fait ! Parce que ça veut dire qu’on a réussi à démystifier un peu, même beaucoup…! Mais oui, je pense qu’en général, ça plaît parce que c’est nouveau et parce qu’en plus de parler de féminisme, on fait redécouvrir Paris.

Peux-tu revenir sur la genèse de cette visite « Chasse aux Sorcières » en particulier ?

J’habite dans le 5ème arrondissement. La visite a lieu dans le Quartier latin. On est dans les alentours du Panthéon, sur la montagne Sainte-Geneviève. C’est un quartier où je vais énormément. C’est une zone étudiante, qui est très vivante, où on peut aller boire des coups ou aller au resto. J’avais l’impression que ce qu’on voyait le plus dans ce quartier en terme de monuments, c’était le Jardin du Luxembourg et le Panthéon, mais qu’on n’en avait jamais vraiment parlé sous un angle différent, et j’avoue que maintenant que ça fait presque un an et demi qu’on fait des visites, je vois la ville à travers le prisme des femmes et du féminisme. A chaque fois que je vais dans un quartier je me dis « Ah tiens ! Je pourrais faire quelque chose ! » (rires) et ici c’était vraiment un quartier qui me tenait à coeur étant donné que j’y vis.

Au beau milieu des bars et restaurants du Quartier Latin, Cécile abordait avec nous les sorcières à balai de notre enfance…

Quelle est ta dernière figure féministe coup de coeur ?

Ah ! J’en parlais dans la visite. Je viens de finir une biographie, Janet , par Michèle Fitoussi, biographie de Janet Flanner, une des premières journalistes femmes de The New Yorker, magazine américain. L’idée de cette visite, au fond, c’était vraiment ça : revaloriser et redonner une visibilité à des femmes oubliées, à cette femme en particulier, qui était une journaliste, écrivaine, lesbienne, qui a vécu à Paris dans l’entre deux guerres, et qui a énormément contribué à l’émancipation des femmes par son émancipation personnelle et par l’aide qu’elle a pu apporter à des amies et compagnes. Cette biographie m’a beaucoup plu, c’est pour ça que j’avais envie d’en parler dans cette visite.

Ton sur ton. C’est dans ce décor bleu merveilleux que Cécile nous parlait ici de Janet Flanner, correspondante à Paris du magazine « The New Yorker », meilleure amie d’Hemingway, femme libre, féministe, lesbienne et pionnière du journalisme littéraire.

Quelle ambition pour Feminists of Paris ?

Pour l’instant, on a cinq visites et beaucoup de personnes nous ont dit qu’elles aimeraient soutenir les artistes qu’on valorise . Certes, aujourd’hui c’était une visite à tendance historique, mais on a des visites où on parle vraiment de l’art urbain ou contemporain (pas forcément du street art). On a rencontré beaucoup d’artistes, femmes mais aussi des hommes qui font de l’art féministe, qui nous ont dit qu’ils ou elles avaient du mal à vendre leur art, à se faire connaître. De l’autre côté, on avait aussi des participants et participantes qui nous disaient  « Mais nous aussi on a envie d’acheter cet art ! » . Donc là, on va bientôt lancer une galerie d’art féministe où on va créer une plateforme pour pouvoir vendre les oeuvres des artistes, faire une intermédiation entre artistes et personnes intéressées par l’art féministe.

On va donc lancer un crowdfunding en septembre parce que c’est un projet qui demande des moyens financiers (mise en place du site internet, juridique, maintien et création de partenariats). Aujourd’hui, on a tellement de projets qu’on se rend compte qu’à deux c’est compliqué. On a déjà sept guides qui travaillent avec nous mais on a besoin d’autres personnes pour rejoindre l’aventure. On a aussi besoin de soutien financier . Pour l’instant on a tout gagné grâce à nos visites mais pas assez pour en vivre.

Notre objectif à terme : pouvoir vivre de ce projet qui nous passionne, pouvoir mener à bien les projets et avoir une qualité exceptionnelle pour les personnes qui nous rendent visite ou qui achèteront les oeuvres d’art.

Dans les ambitions européennes rêvées, Cécile nous a confié, qu’aujourd’hui, c’est Feminists of Paris, mais demain…pourquoi pas Feminists of Berlin, Feminists of London, Feminists of Marseille !!

Pour finir, as-tu une anecdote, une réaction étonnante que tu aimerais partager avec nous ?

Oui ! Ca fait un an et demi maintenant qu’on existe. Et il y a une réaction récurrente qu’on a tout le temps et qu’on ne comprend pas c’est : « Est-ce que les hommes peuvent venir ? ». Et ça, de la part des personnes avec lesquelles on voulait travailler ou de la part des participants et participantes ! C’est étrange hein ?? En fait, la plupart des personnes considèrent que le féminisme c’est uniquement pour les femmes, ce qui est juste dommage parce que c’est complètement faux ! 

Pour réserver votre prochaine visite, c’est par ICI : www.feministsofparis.com

https://www.instagram.com/p/Bxut3k_grdn/?utm_source=ig_web_copy_link

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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