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les chatouillesÇa vous chatouille ou ça vous grattouille ?

J’ai longuement hésité avant d’écrire cet article.

J’avais le choix entre :

–         Une nième déclaration d’amour inconditionnel à Léo (Di Caprio) malgré le fait que sa lutte charnelle avec Maman Ours dans “The Revenant” et plus globalement son combat into the wild ne m’ait pas particulièrement ému…mais bon, quand on aime…

–         Un plaidoyer virulent contre le port du col roulé à manches courtes ou des collants couleur chair chez ces dames (parce que merde c’est quand même très très moche)

–         Un sujet sur la pollution olfactive provoquée par mes congénères franciliens dans les transports en commun. (c’est plus possible là sérieux…lavez-vous les gars !)

Puis finalement, rien à voir, j’ai opté pour une critique de la pièce “Les Chatouilles” d’Andréa Bescond.

Et pour être tout à fait sincère, je pense qu’au final je n’ai pas réellement eu le “choix”, il s’est imposé à moi.

Vous me connaissez, j’arpente à toute berzingue, semaine après semaine, les salles de cinéma, les théâtres parisiens pour trouver la perle qui me fera vibrer et dont j’aurais férocement envie de vous parler, mais force est de constater que cette dernière se fait bien rare en ce moment…

Or vendredi soir, éreintée après une longue semaine de travail acharné, je me retrouve moelleusement installée sur un des bancs du Petit Montparnasse pour assister à une représentation de cette pièce que j’avais déjà loupée pour cause de retard inadmissible lié à une décidément bien trop affreuse gestion du temps…(on se refait pas que voulez-vous ?) Bref, après longue négociation, j’avais finalement réussi à dégoter un report…mais le gentil monsieur de l’accueil m’avait prévenu tout de go “Pour cause de concentration accrue de  la comédienne, et du fait de la prestation assez spéciale de la dame, n’arrivez pas avec 1mn de retard la prochaine fois, sinon vous resterez sur le carreau hein ?! Et puis pour cause de succès fou de la pièce, pas possible avant 1 mois ! Et puis achetez-vous une montre pour la prochaine fois mademoiselle  hein ! Et puis… »

Oui bon bah ça va ! Qu’est ce qu’elle a de si formidable l’autre là ? C’est quoi tout ce mystère autour de cette pièce bordel ? Déjà, avant TOUTE CHOSE, ça part mal, elle a un corps de rêve sur l’affiche, donc par définition, elle m’est antipathique la donzelle. Sans parler du sujet principal pas forcément « divertissant » qui est celui du récit d’un combat. Celui d’une jeune danseuse, Odette, qui, petite fille, a longuement été violée par un ami de la famille, et qui lutte pour se reconstruire grâce à la danse, dite danse de la colère. Super, youpi, joie et bonne humeur du vendredi.

Mais bon, je fais fi de mes a priori et je me pointe donc le jour J 45mn avant le début de la pièce (le goujat m’avait donné exprès la mauvaise heure pour être sûr que je me pointe…mais puis-je réellement lui en vouloir ;-))…

Et puis bein… 1h40 plus tard, alors que le noir tombe sur la scène, que transportée par la foule en liesse, je me surprends à me lever dans un sursaut comme tous mes voisins et à applaudir à tout rompre, je comprends mieux ce que me disait le monsieur de l’accueil. La prestation est, en effet, hors du commun.

Je vous mentirais si je vous disais que j’ai littéralement adoré, que tout m’a touché, que j’ai été complètement subjuguée par la pièce en général, mais en tout cas, je peux vous assurer que ça faisait longtemps que je n’avais pas vu une telle performance de comédienne, qui est aussi danseuse, multi-interprète, et un peu magicienne sur les bords. Comment une seule et même personne peut réussir en 1h40 à nous faire croire que cette histoire est la sienne  (d’ailleurs à l’heure où j’écris j’ai toujours ce petit doute…), à aborder un sujet aussi lourd avec autant de délicatesse et de justesse, à interpréter pas moins de neuf personnages (elle, son violeur, son père, sa mère, ses 2 profs de danse, son camarade de danse, son pote de galères, son idole) – parfois dans la même scène – à nous faire passer par toute une palette de sensations : douceur, colère, fascination, indignation, rire, émotion, dégoût, agacement, empathie, soulagement, à danser, parler, interpréter, jouer, à déployer une énergie sans faille.

Bref, chapeau bas.  Je ne sais pas si comme le charlatan Dr Knock pourrait me le demander, cette pièce me grattouille ou est-ce qu’elle me chatouille, mais ce qui est sûr c’est qu’elle ne vous laissera pas bredouille…

Pour l’instant, programmée jusqu’au 30 avril du mardi au samedi à 21h00 sonnantes et trébuchantes ;-) au Théâtre du Petit Montparnasse

 

2 réponses à Ça vous chatouille ou ça vous grattouille ?

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