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18/05/2018

Festival de Cannes – Kit de Survie

Je pense que ça n’arrive pas mille fois dans une vie (et heureusement je vous avouerais…) mais me voilà enfin sortie d’une longue et lente agonie après deux interminables semaines : le 71ème Festival de Cannes.

Parce que si vous, chers amis, appréciez la partie glamour et vous pâmez (comme je le faisais avant de perdre ma virginité) devant les plus grandes stars du grand écran, sachez que pendant ce temps, oeuvrent dans l’ombre, des petits soldats guerriers du tapis rouge. Et cette troupe de combattants là, j’en ai fait partie…à mes risques et périls.

J’ai donc décidé d’oeuvrer pour mes pairs, de faire preuve de grandeur d’âme et d’extrême bonté en partageant mon expérience.

Pour toutes celles et ceux qui n’auraient pas été briefés (comme ce fût mon cas) et qui, un jour, auraient à traiter ce Festival…from the inside…je vous présente…

LE KIT DE SURVIE DU FESTIVAL DE CANNES

1 – Toujours avoir du déo sur soi : inutile d’expliciter…cette quinzaine est un véritable marathon. On se prend au sens propre comme au sens figuré, des coups de chaud, mais vé-ner ! Donc sans dire que le lambda mérite de renifler vos effluves malodorantes, le gratin, lui, risquerait de vous mettre au bûcher et de vous blacklister. Donc pour éviter toute déconvenue, un petit stick de Narta dans le sac et zou !

2 – Toujours avoir des barres protéinées, une Pom’Potes ou une pomme tout court sur soi (au risque de tomber dedans ;-): oui parce que manger n’est pas inclus dans le forfait. A partir du moment où vous posez votre pied droit (ou gauche d’ailleurs la plupart des matins cannois), sur le sol, la vie est une immense inconnue qui ignore quand vous aurez la chance d’envisager de poser votre cul sur une chaise plus de 10mn d’affilée pour vous sustenter…Et comme on est rarement fan d’un poulain qui tourne de l’oeil toutes les 2h (il serait abattu sur place le pauvre…si tu faiblis, tu es mort), autant en avoir sur soi ;-)

3 – Toujours avoir des ballerines sur soiparce qu’il faut avoir l’air canon en toutes circonstances, offrir aux festivaliers des gambettes, belles, musclées, galbées, bronzées, et haut perchées ET en même temps  porter des tonnes de matos, courir d’un hôtel à l’autre, faire 23 fois dans la journée les mêmes allers-retours sur la Croisette. Ballerines dans le sac OBL-I-GA-TOIRES vous entendez ??

4 – Toujours avoir une bouteille d’eau sur soi : parce que si il paraît qu’on peut vivre jusqu’à 80 jours sans manger (??? euh…pas oim…impossible…j’aurai croqué quelqu’un avant), c’est 3 jours sans boire les enfants. Et au risque de me répéter, si vous ne l’aviez pas encore compris, c’est la GUERRE ici ok ?!!! Donc il faut être en pleine possession de ses moyens ! Donc on S’HY-DRA-TE bordel !!!

5 – Toujours avoir un chargeur sur soi :  parce qu’il existe des drames dans la vie, mais il en est un, qui dans cette jungle, est digne d’un crime contre l’humanité, c’est d’avoir le malheur de ne PAS être joignable. Et évidemment, votre téléphone ici, par la grâce d’un maléfique phénomène, se décharge à la vitesse de la lumière. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’on l’utilise en permanence ! Appeler, rappeler, re-re-rappeler, envoyer des emails, textoter, whatsapper, tweeter, googlemapper, instagrammer, traiter des photos, en prendre…BREF, si il y a bien un moment dans ma vie où mon « portable » n’en a clairement pas été un, c’est à Cannes. En permanence collée à des prises, assise par terre, dans des couloirs sombres, branchée près des toilettes ou près du bar des plus grands hôtels de luxe. Moments de grande classe après moments de grande classe en somme.

6 – Toujours avoir un cachet de prozac sur soi:  (ou une appli de méditation, une appli du style réapprendre-à-bien-respirer-en-3mn-top-chrono-sur-la-cuvette-des-toilettes-pendant-votre-unique-pause-pipi-de-la-journée, une séance de yoga express, un vibro, le numéro d’un bon(ne) copain/copine/mec/meuf/enfant/papa/maman, une mignonette d’alcool très très fort, une dose de coco.). BREF ce que vous voulez, mais la quinzaine de Cannes, c’est une dose de stress et d’excitation comme rarement vous en vivrez dans votre vie donc ayez à portée de main ce petit je-ne-sais-quoi qui vous empêchera de hurler sur votre voisin(e), de faire une crise de nerfs, de vous griller auprès de la profession à tout jamais, de mordre ou griffer cette connasse d’attachée presse qui vous ruine votre interview en la coupant en plein milieu pour honorer son planning qui a déjà-1h-de-retard-donc-vous-comprenez-faut-bien-rattraper-le-retard-donc-sacrifier-quelqu’un, mettant ainsi en péril votre émission diffusée le jour même pour laquelle vous n’avez – évidemment – aucun plan B (oui parce que je l’ai pas clairement dit en intro mais j’étais là-bas en tant que productrice d’émissions culture). 

7 – Toujours avoir un parapluie sur soi :  parce que Cannes au mois de Mai c’est un peu comme être en Asie en pleine mousson…il pleut 75 fois par jour, puis il fait chaud, puis il re-pleut, puis il re-fait chaud, puis il re-re-pleut donc cf point 3, pour éviter de ressembler à un vieux chien mouillé odorant au poil gras et luisant, mini-parapluie TOUJOURS à portée de main !

8 – Toujours avoir un bras un peu long sur soi :  parce que se taper le Festival de Cannes côté production, envers du décor, hommes et femmes de l’ombre, sans avoir les petits moments de décompression (= coupette + p’tits fours+ dancefloor + starlettes à mater) autant sauter direct du ponton de la plage Majestic et ne plus jamais remonter à la surface sérieux. A quoi bon…? Donc on a toujours pas loin le bon copain, rois des bons plans et de l’incruste qui vous fera oublier que décidément cette vie de strass et de paillettes est bien vaine et manque atrocement de sens. (un grand Merci à Mister A.R qui se reconnaîtra ;-)

9 – Toujours avoir le réflexe du « 1 soir sur 2 » sur soioui parce que tout foufou que soit le point précédent, tenir 2 semaines sous pression, en ultra-stress, sans jamais manger à heure fixe, sans dormir plus de 5h par nuit, en travaillant 15h par jour et en faisant la fête tous les soirs…comment vous dire… Donc certes, c’est tentant de sortir tous les soirs, mais comme j’aime à le rappeler, on n’a plus l’âge de nos 20 ans les amis. Donc…un soir sur 2, on reste trannnnquille ! Petite dînette et dodo tôt…question de vie ou de mort…

10 – Toujours avoir un bon plan repos post-Cannes sur soi :  parce que c’est officiel. Oui messieurs-dames, toutes monstrueuses, délirantes, extra-ordinaires, lunaires, folles, inhumaines aient été ces deux semaines, les retours d’expérience des « anciens » sur le sujet sont FORMELS. Il faut s’attendre à une belle grosse bonne dépression au retour dans la vie « normale » (NDLR : oui nan parce qu’au cas où vous l’auriez pas saisi, Cannes c’est complètement une autre planète qui a ses us et coutumes, son propre langage, ses propres lois, ses propres codes couleurs, son propre mode d’emploi, ses règles bien particulières).

Donc on se prévoit quelques jours pour atterrir en douceur avant de retourner au taf, au risque de passer de longues semaines à renifler bruyamment, les yeux bouffis-rougis devant son écran et sa souris à son bureau, à se demander :

  • Mais où est la mer ?
  • Mais où diable sont les cris des mouettes ?
  • Pourquoi le Palais, Jean-Paul, Anna (figures de l’affiche du Festival) et le Red Carpet ne sont plus dans mon champ de vision ?
  • Pourquoi toutes mes phrases ne commencent plus par « Eh, eh, eh…Tu sais pas qui je viens de voir ?!« 
  • Mais où sont John, Gaspard, Emilia, Cate, Benicio,  Romain, Vanessa, Jane, Javier, Penelope, Adrien, Kristen..? Eux qu’on croisait à tout coin de rue sans même s’en émouvoir…
  • Pourquoi je dois payer nos coupes de champagne maintenant quand je rentre dans un bar ?
  • Pourquoi je n’ai plus de sable entre les doigts de pied maintenant quand je rentre d’un tournage ?

Ca y est. Vous êtes parés ! Ah non, mince, le plus important….surtout, surtout, SURTOUT, LA REGLE D’OR : ne JAMAIS oublier, que ça n’est « QUE » du cinéma ;-)

 

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